Histoire des rues d’Argenteuilpar Andrée Lherault Les rues, avenues, boulevards et autres dénominations vicinales recèlent une partie de la longue histoire d’Argenteuil, à laquelle s’intéresse particulièrement Andrée Lhérault. "Depuis qu’Argenteuil a été mentionnée, dès 697 du temps du roi mérovingien Childebert III, notre cité reflète à sa façon l’Histoire de notre pays. Cela me passionne ! J’ai la joie de faire partager ainsi mes connaissances sur la ville (au gré de mes lectures et de mes rencontres avec les "anciens" d’Argenteuil), comme par exemple lors d’une intervention à l’Université Inter-Age en mars dernier. Grâce aux censiers, véritables livres de compte rédigés au XV e siècle, on a conservé la trace étymologique de bien des endroits du vieil Argenteuil. On y trouve les lieux-dits reconnaissables dans le plan cadastral de la ville daté de 1820. Ce terroir estimé à environ 1600 hectares était également sillonné de chemins, de sentiers et de voies, plus ou moins aménagés. Plusieurs catégories de noms retiennent l’attention : ceux dérivés de la configuration ou de la nature du terrain et de ses points d’eau (l’actuelle rue du Puiseux "petit jet d’eau"), ceux formés avec le mot Val (Jolival ou Morinval), ceux évoquant une personne ou des installations humaines (Les Carrouges, du latin quadrifurcum ou carrefour), ceux clos de murets et ceux qu’il reste difficile à classer. S’y ajoutent ceux évoquant les diverses sources et les paysages des lieux. On ne peut bien sûr ici tous les citer ! Au XVIe siècle, François 1er autorise la construction de murailles en moellons autour du bourg, avec des tours. Celles-ci se maintiendront jusqu’en 1803. Seize portes permettaient ainsi de sortir d’Argenteuil : - - huit en direction de la campagne
- - huit vers la rivière
La Porte Butté (des Bûchettes) ouvrait vers le moulin du même nom et vers les buttes d’Orgemont, Balmont et Vachon. On recense aussi la Porte de Sannois, Brault (rue P. Joly), Porte de Pontoise (rue A.G. Belin), la Porte de Calet (Bourgeois de Paris), la Porte de Cormeilles, la Porte de Paradis (elle menait vers le fond du cimetière rue des Ouches), la Porte Saint Germain. Vers la rivière, il y avait la Porte Saint-Denis (près du Musée du Vieil Argenteuil), la Porte des Ha-Ha (devenue rue Carême-Prenant), la Porte du Port, la Porte Sainte-Barbe, celle de l’Hôtel-Dieu, celle des Boucheries, la Porte à l’Évêque et enfin la Porte des Pêcheries. En 1816, les fossés bouchés avec les ruines des murailles, formèrent peu à peu nos modernes boulevards : Saint-Denis, Sannois, des Fontaines, de Calais, de Cormeilles, de l’Ouest, de Paradis, jusqu’au début de la route de Sartrouville. Bien des rues portent aussi les noms de personnalités historiques et politiques d’Argenteuil, et ceux de plusieurs résistants et patriotes tués pendant l’Occupation. La rue Antonin-Georges-Belin (ancienne rue de Pontoise) rappelle par exemple, le souvenir de ce soldat tué à 21 ans en 1915, dont le nom fut tiré au sort parmi les disparus de 14-18 pour nommer une rue communale. De Mallecousture (Malcouture) à Felifeu en passant par Passemer (Passe-May), il reste encore bien des énigmes à résoudre et des hypothèses à confirmer quant à la véritable signification des noms de lieux. Ainsi Bavart (Bavard) de l’ancien français "bave", "bavarder". Un monsieur Le Muet y avait de la vigne en 1323. Par dérision, on aurait peut-être appelé ce lieu-dit ainsi !" Andrée Lhérault est à l’origine, avec Cendrine Van Kleveren et Christiane Tual, de la fondation du club de Généalogie, en 1989 à la MJC d’Argenteuil, puis en 1998, de l’Association de Recherche Entraide Généalogique Historique d’Argenteuil (AREGHA). Généalogiste passionnée, elle a pu remonter jusqu’en 1370 à Argenteuil du côté de son mari. Du côté de sa famille maternelle, les Chappelier, elle a pu également retracer leur histoire jusqu’en 1350 à Conflans-Sainte-Honorine ! Sa bonne humeur et son entrain font merveille lorsqu’il faut s’atteler au déchiffrage des écritures anciennes, notamment aux archives municipales et départementales. Pour en savoir plus Argenteuil au XV e siècle Par Éliane Hartmann Trois bulletins édités par la Société historique et archéologique de Pontoise, du Val-d’Oise et du Vexin (1996-1998)
La Treille Bulletin trimestriel de l’Association de recherches, entraide généalogique historique d’Argenteuil 28, rue Jules Guesde - Tél : 01 39 82 66 62
Source : Mairie d'Argenteuil - http://www.argenteuil.fr
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