Deuil témoigne d'une bien longue existence et a l'avantage de posséder une histoire continue de 14 siècles, chose assez rare.
Deuil has the rare privilege of claiming 14 centuries of continuous history.
Deuil besteht schon sehr lange und kann auf eine fortlaufende Geschichte von 14 Jahrhunderten verweisen, was eine recht seltene Sache ist.
Deuil létezése nagyon messzire vezetheto vissza, és a város abban a kiváltságos helyzetben van, hogy 14 évszázados folyamatos történelme van, ami elég ritka dolog.
La découverte de vestiges datant de l’époque gallo-romaine (voies, monnaies) atteste de l’ancienneté du site. Il semble que le nom de Deuil dérive du celte et sa forme ancienne : "Diogilo" qui signifie lieu bas, évoque une clairière avec des sources et des étangs.
A l’origine de la création du village et de son église : la légende de Saint-Eugène.
Le récit remonte à l’époque mérovingienne. Il a sans doute été rédigé au IXème siècle par les moines de l’abbaye de Saint-Denis. Le seigneur Ercolde, possesseur de la villa Diogilo fut miraculeusement averti dans son sommeil que Saint-Eugène, archevêque de Tolède, compagnon de Saint-Denis avait été martyrisé à Deuil par les armées romaines et que son corps avait été jeté dans le lac Marchais.
Ercolde fit fouiller le lac païen et y découvrit un corps intact. Il le plaça alors dans un lourd sarcophage et pour connaître le lieu où le saint voulait qu’on lui élève une église et son tombeau, la cuve fut hissée sur un chariot attelé de boeufs, animaux sacrés dont les actions étaient, dans certaines circonstances, dictées par les dieux. Ils prirent la voie antique, s’arrêtèrent dans le camp d’Ercolde et refusèrent d’aller plus loin. Le maître fit construire un édifice religieux à l’emplacement actuel du choeur de l’église, qui devint rapidement un centre de pèlerinage. Autour se développa un bourg. De cette époque date aussi l’implantation d’un vignoble qui devait être une importante ressource durant des siècles.
La Conciergerie de la Chevrette
L'origine de la construction de la Chevrette remonte à la Renaissance. Au XVIIème un financier fastueux, Pierre Puget de Montmauron transforme les bâtiments en un magnifique château de plaisance de grande allure entouré d'un vaste parc en partie boisé présentant un grand jardin à la française dessiné par Le Nôtre, avec bassins, jeux d'eau, statues de marbre, bancs de repos. Monsieur et Madame d'Epinay vont hériter du domaine en 1740.
Le XVIIIème est la grande époque de la Chevrette, véritable Versailles deuillois. Célébré par les écrits et les peintures de Carmonelle, Madame d'Epinay fera en effet les honneurs de ses salons aux encyclopédistes et philosophes de renommée universelle : d'Holbach, Grimm, Diderot en deviendront les intimes cependant que Jean-Jacques Rousseau y vivra une période de son existence mouvementée. C'est à cette époque que le château de la Chevrette connaît ses lettres de noblesse, l'histoire locale tutoie alors l'histoire nationale.
Monsieur d'Epinay décède en 1782, sa femme en 1783, le château deviendra propriété de leur fille, la vicomtesse de Belsunce. Le vicomte, ne pouvant assumer les frais et les charges d'un tel édifice préférera le faire démolir en 1786 ainsi qu'une grande partie des bâtiments annexes. Seuls seront conservées les grandes écuries et la Conciergerie pour l'entretien des terres. La ferme et l'orangerie, pour leur part, disparaissent au cours du XIXème siècle. Après être restée de nombreuses années à l'abandon, la Conciergerie du château a été restaurée. Elle accueille aujourd'hui l'école municipale de musique et le musée d'histoire locale, où se trouve détaillée notamment l'histoire de ce domaine.
Les lettres de noblesse sont attestées par le bon nombre de châteaux et fiefs que la ville possède à cette époque : le château des Lefèvre d'Ormesson, le château de la Barre, le château de Crissé et le château de la Chevrette.
Au XIXème siècle, la vigne ravagée par le phylloxera est remplacée par la culture des arbres fruitiers. Sous l'effet conjugué de la vague d'industrialisation et de l'augmentation de la population, la ville amorce la transformation de son territoire. L'apparition du chemin de fer est capitale dans l'histoire de la ville. Elle marque la fin de la vie agricole et le début de l'urbanisation qui va se développer autour des deux gares. Malgré l'influence exercée par la capitale. Deuil qui devient Deuil-la-Barre en 1952, garde encore un charme campagnard.
De cette longue et riche histoire, quelques monuments portent encore témoignage. Mais le visiteur risque d'être quelque peu déçu puisque mis à part l'église et la Conciergerie du château, les autres vestiges du passé sont aujourd'hui des propriétés privées.
Le Musée d'histoire locale
Visiter ce musée, situé dans l'ancienne conciergerie du château de la Chevrette, c'est faire un voyage dans le temps, c'est vivre une extraordinaire aventure à travers ces lieux chargés de souvenirs dont certains n'ont laissé aucune trace visible de nos jours.
C'est aussi découvrir la vie de nos ancêtres, des plus modestes aux plus aisés, de la vie de campagne à la vie de château.
Le 26 mai 1984, Monsieur Michel Bourlet, président du Cercle d'Etudes Historiques, ouvrait pour la première fois les portes du musée, dont il est le créateur, à de nombreux visiteurs venus assister à l'inauguration du bâtiment de la Chevrette restauré. Ce musée reflète l'histoire de Deuil-la-Barre à travers les siècles. Dessins, gravures, peintures, maquettes et bien d'autres objets illustrent la vie de nos ancêtres. Les heures de gloire de la Chevrette ainsi que la légende de Saint-Eugène y sont contées.
Musée d'histoire locale
Conciergerie de la Chevrette
Rue Jean Bouin
Hôtel de Ville - 36 rue Charles de Gaulle - 95170 Deuil-la-Barre - Tél. 01 34 28 65 00 - Fax 01 34 28 65 90
Horaires d'ouverture :
du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h, le samedi (accueil multiservices et état-civil), de 8h30 à 12h