Histoire de Chars L’histoire de la commune de Chars est étroitement liée à celle du Vexin français. Chars, avec Cergy et Epiais, faisaient partie des terres du Vexin qui furent données par Dagobert à l’abbaye de Saint-Denis au VIIIème siècle. Entre les IXème, Xème et XIème, le Vexin fut divisé en deux, d’une part le Vexin français, dont faisait partie Chars, et d’autre part le Vexin normand, par le traité de 946 entre Louis IV d’Outre Mer et Richard Sans Peur, Duc de Normandie. A l’occasion du mariage de Guillaume, fils d’Henri 1er, roi d’Angleterre avec une sœur de la Reine de France en 1124, il obtint le Vexin français, dont Chars, Chaumont, Pontoise et Mantes. Mais à la mort de Henri 1er, sa fille Mathilde céda de nouveau le Vexin à la France. Le XIIème fut un siècle difficile pour les habitants des deux Vexin. En effet, les villages étaient en perpétuels conflits, volés et incendiés. Le 6 juin 1357, Régnault de Trie vend à Pierre 1er d’Aumont le territoire de Chars. C’est à cette date qu’est introduite la terre de Chars dans la famille des sires d’Aumont. Originaire de Flandre, leur nom se retrouve dans l’histoire en 1076. Le premier de la famille à posséder la baronnie de Chars, fut Pierre 1er d’Aumont, conseiller et chambellan des rois Jean et Charles V. En 1371, il fonda l’Hôtel Dieu de Chars. Pierre 1er d’Aumont eût pour fils Pierre le Hutin, nommé porte oriflamme du roi en 1397. Ce nom lui fut donné car il ne cessa de batailler durant 40 ans. Pierre le Hutin mourut en 1413 et ses deux filles, Jeanne III et Colette 1er d’Aumont furent abbesses du monastère de Saint-Paul les Beauvais. En 1409 Pierre III devient à son tour porte-orifflamme du roi Charles. En 1419, une partie des troupes anglaises, conduite par le Duc de Clarence, a tenu le siège devant Gisors. Ce siège dura 3 semaines et la ville se rendit en mars 1419. Les châteaux fortifiés des communes alentours se rendirent en mars 1419 et passèrent sous occupation anglaise. En 1441, le roi de France reprit Pontoise et l’année suivante les anglais partirent définitivement du Vexin. Ferry de Chars, baron de Chars n’eut que deux filles dont l’aînée épousa Louis de Rouville. La baronnie de Chars entra alors dans la famille de Rouville. De 1521 à 1586, trois barons de chars, du nom de Rouville se succédèrent. Louis de Rouville, le gendre de Ferry d’Aumont, Louis de Rouville, gouverneur de Dieppe et enfin Louis de Rouville, le 7ème du nom, le Huguenot. Il transféra l’Hôtel Dieu alors situé dans l’enceinte du château pour le rebâtir en 1567 à l’endroit où il se trouve encore aujourd’hui et fortifia le château. Louis de Rouville le huguenot ne laissa qu’une fille qui épousa Jacques de La Guesle en 1586, faisant ainsi que la baronnie de Chars passa entre les mains de la famille Guesle, ancienne famille d’Auvergne. Durant la journée des barricades, afin de s’assurer de la fidélité de Jean de la Guesle, la Chambre du Parlement le délégua auprès du roi puis il se retira en Beauce et mourut en 1588. Son fils, Jacques de la Guesle lui succéda comme procureur. En 1586 il devient baron de Chars de par son mariage avec Marie de Rouville. Lorsqu’il voulut quitter Paris il fut arrêté et conduit à la Bastille. Une fois libre, il se dirigea vers le château de Saint-Cloud. Sur son chemin il rencontra Jacques Clément, le moine ligueur, qui s’y rendait aussi. Ils firent le chemin ensemble et le lendemain, Jacques de la Guesle le présente à Henri III. Le moine assassine le roi et Jacques de la Guesle se retrouve alors soupçonné de complicité. | Succède alors à Henri III, Henri IV. Lors de la prise de Gisors en 1591, il lança une offensive avec des canons sur les murailles du château de Chars puis les soldats l’incendièrent. | | Durant les guerres de la Fronde, Chars ne semble pas avoir joué un quelconque rôle du fait que son château ait été détruit par Henri IV et que le nouveau ne pouvait résister. Baron de Chars par sa femme, Marguerite de la Guesle, Charles Honoré d’Albert, fut nommé grand fauconnier en 1643 et chevalier des ordres du roi en 1661. Lors de son second mariage avec Anne de Rohan, sa filleule et sa tante, il vendit Chars et mourut en 1690. La terre fut adjugée au maréchal de Créqui, famille qui succéda aux de la Guesle. Maréchal de France depuis 1668, c’est en 1672 qu’il devient baron de Chars et marquis de Marines. Sa bataille contre le Prince Charles de Lorraine et la prise de Fribourg, suivies de la paix de Nimègue en 1678 furent considérées comme un modèle de tactique militaire. Après de nombreuses batailles, dont la prise de la forteresse de Luxembourg, il mourut en février 1687. En 1706, le baron de Chars, M. de Rivié n’était qu’un simple maréchal ferrant qui, selon les dires, soigna le cheval de Louvois, ministre de Louis XIV. En contre partie, M. de Rivié demanda à Louvois des chevaux avec lesquels il fit fortune en les vendant à l’armée. Il eut pour successeur son neveu, Etienne de Rivié de Riquebourg qui devint à son tour baron de Chars. La dernière famille que l’on vit détenir la baronnie de Chars, fut les Gouy d’Arsy, d'origine artésienne possessionnée en Beauvaisis. Louis de Gouy fut donc baron de Chars en 1758. il mourut avant la Révolution et son fils, Marthe de Gouy s’intéressait plus à ses grandes propriétés à Saint Domingue qu’aux terres de Chars. Il fut guillotiné peu de temps avant le onzième mois de l’année républicaine. Ainsi la baronnie de Chars fut supprimée et Chars devint une commune du canton de Marines. Il était une fois Chars Un village fort de ses charmes d'antan Sur un ancien calendrier (15è-16è siècle) figurait le dessin d’un enclos et d’une roulotte, celle du berger qui suit son troupeau. En effet, sur le plateau du Vexin (plat terroir du Bellay en Vexin) paissaient jusqu’à 500 brebis et 2000 moutons. Dans les années 60, les propriétaires de la ferme "La Grande Ferme" possèdaient un troupeau. Le berger Monsieur Duhamel vivait toujours en 1995 au Bellay et il aimait à raconter ses journées bien remplies. Néanmoins, Chars n’était pas oublié parce que Monsieur Maurice Foix, qui habite actuellement rue de l’Eglise, était berger chez Monsieur Petit. Il y avait même une "mini" transhumance car Monsieur Foix conduisait son troupeau en dehors de Chars. Ce devait être agréable de voir passer des troupeaux à la place des voitures. Nostalgie d’un village où l’on pouvait trouver des lavoirs, et leurs lavandières qui aimaient bavarder et chanter, du cresson et des moutons. Réhabilitation du moulin de Noisement Situé en zone naturelle au sein d’une zone boisée en bordure de la Viosne, le Moulin de Noisement dont l’origine remonte au Xè ou XIè siècle faisait partie des trois à quatre moulins existant dans la commune de Chars. Trois de ces moulins étaient liés à la production de farines. Le quatrième était désigné comme moulin à drap et à huile. Le moulin de Noisement en particulier alimentait en farine les habitants des hameaux de Noisement, de la Grippière, ainsi que de ceux du Bellay et de Bercagny. Conscient de l’intérêt historique de ce moulin resté en l’état et lié à la perennité du patrimoine local, son acquéreur a entrepris de restaurer et de réhabiliter en totalité celui-ci dans la perspective d’y aménager sa résidence principale ainsi que son lieu d’activité. Les moulins de la Viosne en 1704 Etat dressé par Chevalier, président du Parlement de Paris, seigneur de Montgeroult. "La Viosne est une petite rivière qui n'est point navigable et qui coule dans le gouvernement de l'Isle de France, Vexin François, elle a sa source auprès du Bouleaume et de Bourbiers et après avoir arrosé le pays pendant le cour de quatre lieûes environ elle va se jeter dans la rivière d'Oise ; à Pontoise, cette rivière se sépare en deux avant que d'arriver à Pontoise et forme deux bras qui sont d'une très grande utilité à cette ville par les moulins qu'elle fait tourner et pour les tanneurs qui sont establies sur ses bords, elle est aussi d'une très grande utilité au pays où elle passe par le nombre de 38 moulins qu'elle fait tourner dans son cour ce qui donne occasion au commerce de farine qui se fait dans ce pays y ayant plusieurs fermiers qui ne prennent à ferme ces moulins et les fermes qui sont aux environs que pour faciliter leur commerce de farine. Cette rivière passe à Chars, Briancourt, Santeuil, Vus, Ablaige, Courcelle, Boissy, Osny et Pontoise." La grande histoire du petit train Les Charsiens d'origine se souviennent certainement du temps, pas si éloigné en fait, des locomotives à vapeur qui traversaient notre village après un arrêt en gare, soit pour aller vers Paris, soit pour emmener les touristes vers Dieppe. Plus bruyantes et plus modestes aussi celles qui tiraient le train départemental qui, depuis Valmondois longeant la vallée du Sausseron, traversaient Epiais-Rhus et la plaine de Bréançon avant de monter vers Marines et enfin la gare de Chars. Les chemins de fer départementaux ont, depuis la fin du XIXè siècle, complété les réseaux principaux reliant les grandes agglomérations ; leur utilité s’est rapidement révélée nécessaire pour faciliter les déplacements et le commerce entre les villages. C’est ainsi qu’en 1875 naquit le projet d’une ligne au départ de Valmondois, gare du réseau Nord destinée à joindre les communes d’Epiais-Rhus et ensuite Marines en longeant la vallée du Sausseron. Ce projet devait aboutir en 1883 et la ligne en voie métrique fut ouverte en 1886, puis prolongée jusqu’à Marines en 1891, et enfin à Chars en 1911. Cette ligne rejoingnait donc celle de Pontoise-Dieppe par Gisors ouverte depuis 1867. Il existait par ailleurs depuis 1871 une ligne à voie normale reliant Chars à Magny en Vexin. La liaison Valmondois-Magny en Vexin devint effective malgré la différence d’écartement entre les rails de la voie, obligeant un transbordement des voyageurs et des marchandises. Celle-ci persistant au cours des deux guerres mondiales devait apporter indéniablement bien des avantages aux usagers, et ce jusqu’à la fermeture des lignes Marines en 1949 et Chars en 1952. Il devait subsister un trafic marchandises entre Chars et Magny jusqu’en 1987. Le développement de l’automobile et des autocars lui a donné le coup de grâce. Alors qu’un peu partout en France des inconditionnels du Chemin de Fer Départemental tentaient avec succès, mais aussi avec beaucoup de peine, de rétablir des lignes abandonnées, une équpe de passionnés désireux de faire revivre le réseau Valmondois-Chars et faire connaitre à tous la vie de celui-ci dans l’histoire de la vallée du Sausseron ont constitué le M.T.V.S., une association en vue de réhabiliter la ligne oubliée et de créer un musée des trains à vapeur. C’est ainsi qu’en 1976 est né le M.T.V.S. (Musée des Tramways à Vapeur et des chemins de fer Secondaires français). Le point de départ se trouvait naturellement à la gare de Valmondois, dans les anciens bâtiments du réseau où ont été installés les ateliers de réparation et restauration du matériel roulant, puis le musée renfermant les locomotives et wagons, aujourd’hui en état de marche. Un appareil de voiries a été construit et un petit bout de ligne sur l’ancienne plateforme de la voie d’origine. Malheureusement, au cours des années, il s’est avéré que la gare et ses équipements n’étaient plus adaptés, que sa situation dans la commune de Butry sur Oise ne permettait pas d’extension et que, de surcroît, l’ancienne plateforme de la ligne n’était plus utilisable. L’association a été obligée de trouver une autre orientation. La Compagnie des Chemins de Fer Français ayant abandonné l’exploitation de la ligne Chars-Magny en Vexin, l’association a donc envisagé de restaurer cette ligne : point de départ gare de Chars où l’appareil de voie existe et se poursuit au-delà du tunnel, puis passage à Bouconvilliers, Nucourt et enfin terminus en gare de Magny en Vexin. Au total, 12 km le long du val de Viosne et de l’Aubette dans un environnement champêtre. C’est ainsi que le M.T.V.S. a entrepris dès 1995 les démarches tendant à l’aboutissement de ce projet, ambitieux sans doute, mais porté par des passionnés dont la patience et aussi le courage permettent aujourd’hui d’espérer la réalisation dans les prochaines decennies. Cette ligne traverse le Val d’Oise mais aussi département de l’Oise. Les communes concernées ont été sollicitées et toutes sont intéressées. La plateforme est mise à la disposition du M.T.V.S. par la Compagnie des Chemins de Fer Français. Le M.T.V.S. rétablira la voie métrique et les appareils de voie. Il reste des terrains à acquérir en sus de ceux restants à la Compagnie C.F.F. Il faudra construire les ateliers de restauration et d’entretien du matériel roulant, le musée, une gare et tout ce qui doit contribuer à la bonne marche du réseau ainsi restitué. Ces équipements doivent être réalisés à Nucourt où la disponibilité des terrains doit permettre les installations projetées. Magny en Vexin, bien que comportant les restes de la gare n’a pu être retenue en raison de la proximité des silos de la Coopérative Agricole (risque SEVESO). La commune de Bouconvilliers ne dispose pas de terrains aux dimensions suffisantes et situés de surcroît près de l’agglomération. Et Chars, direz-vous, que devenons-nous ? Chars, c’est le point de départ du voyage. C’est aussi celui du retour. Les voyageurs arriveront par la SNCF, ceux qui viendront en voiture pourront stationner sur le parc de la gare. Et pour les victuailles à se procurer pour la randonnée, les commerçants locaux y pourvoiront ! Dois-je vous dire que ce projet est financé en partie, que le Conseil Général du Val d’Oise, le Conseil Général de l’Oise et le P.N.R. ont apporté leur aval et encouragé cette initiative ? Sommes-nous exagérément optimistes ? Je ne crois pas, car ses promoteurs ont su par leur persévérance retenir l’attention des instances départementales. Sources: Mairie de Chars: http://www.mairie-chars.fr/
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